Sélectionner une abeille, est-ce chercher celle qui produit le plus, celle qui résiste le mieux, ou celle avec laquelle nous pourrons durablement partager un territoire ? Derrière les mesures, les pedigrees et les protocoles se cache une question plus ancienne : qu’appelons-nous une « bonne abeille » ?
Imaginons un apiculteur devant son carnet de rucher. Une colonie a rempli davantage de hausses. Une autre a traversé l’hiver avec une remarquable économie de provisions. Une troisième se laisse visiter sans agitation. Il s’attarde devant chacune, puis inscrit à côté de l’une d’elles : « À multiplier ».
Ce geste paraît simple. Il contient pourtant toute une conception de l’apiculture.
Pourquoi celle-ci plutôt qu’une autre ? Que souhaite-t-il transmettre ? Une performance spectaculaire, une tranquillité de travail, une aptitude à vivre ici ? Et qu’accepte-t-il, peut-être sans le savoir, de laisser de côté ?
Non, la sélection apicole n’est pas forcément une sélection VSH. Le comportement VSH est un caractère particulier que l’on peut chercher à renforcer ; la sélection, elle, consiste plus largement à choisir les reproducteurs en fonction de qualités que l’on souhaite retrouver dans les générations suivantes. Production, douceur, essaimage, consommation des réserves et résistance aux maladies peuvent entrer dans ce choix. (ITSAP)
Mais cette réponse technique n’épuise pas la question. Car sélectionner, ce n’est pas seulement décider comment obtenir une abeille meilleure. C’est d’abord décider ce que « meilleure » signifie.
1. Une meilleure abeille… mais meilleure pour qui ?
Pour un apiculteur, la douceur peut être essentielle. Pour un autre, ce sera la régularité des récoltes. Un troisième cherchera avant tout à diminuer la dépendance de ses colonies aux interventions sanitaires.
Aucune de ces préoccupations n’est dérisoire. Il serait facile de mépriser la recherche de production au nom d’une apiculture plus contemplative. Ce serait oublier que certains vivent de leur travail. Il serait tout aussi réducteur de considérer comme secondaire le souhait d’un amateur qui veut simplement visiter quelques ruches sans inquiétude.
La difficulté apparaît lorsque l’un de ces objectifs devient l’unique définition de la valeur.
Une colonie peut-elle être résumée à ses kilogrammes de miel ? À sa note de douceur ? À un résultat de nettoyage du couvain ? À son ascendance ?
Ces informations ont leur utilité. Mais aucune ne répond seule à toutes les questions que pose une saison apicole.
Sélectionner suppose donc de hiérarchiser, sans nécessairement réduire.
Ce n’est pas rechercher une moyenne tiède entre toutes les qualités. C’est déterminer ce qui est indispensable, ce qui peut être amélioré et ce qui ne doit pas être sacrifié. Une excellente récolte ne devrait pas servir d’excuse automatique à un défaut sanitaire majeur. Inversement, une qualité sanitaire remarquable ne dispense pas d’examiner le reste.
L’enjeu n’est pas de renoncer à l’exigence. Il est de lui donner plusieurs dimensions.
2. Avant Varroa, la sélection avait déjà une histoire
En France, la première détection de Varroa dans une colonie est datée de 1982. Cette date marque un changement sanitaire considérable, mais certainement pas la naissance de la sélection apicole. (Inrae)
Bien avant cette arrivée, des éleveurs cherchaient à améliorer leurs abeilles, des chercheurs étudiaient la transmission de certains comportements, et des travaux mettaient en évidence l’adaptation de populations à leur environnement.
Trois histoires permettent de retrouver cette profondeur.
Le frère Adam : rechercher une combinaison de qualités
À l’abbaye de Buckfast, le travail du frère Adam s’inscrit dans le contexte des lourdes pertes provoquées, au début du XXᵉ siècle, par ce que l’on appelait la « maladie de l’île de Wight ». Devenu responsable des ruchers en 1919, il entreprend de développer, par croisements et sélection, une abeille réunissant douceur, robustesse, résistance à l’acariose et aptitude à produire du miel. L’abbaye rappelle que l’acariose était alors considérée comme la cause de cette maladie historique ; il faut donc éviter de présenter rétrospectivement ce diagnostic comme une certitude absolue. (Buckfast Abbey)
Son programme ne se limite pas à un caractère. Dans son ouvrage Breeding the Honeybee, il distingue notamment fécondité, ardeur au butinage, résistance aux maladies et faible propension à essaimer. Il examine aussi la longévité, l’hivernage, le développement printanier, l’économie des provisions, la douceur et le comportement sur les rayons. (perso.unamur.be)
L’intérêt de cet exemple n’est pas de désigner une abeille comme supérieure à toutes les autres. Il est de rappeler une ambition : assembler des qualités dans une colonie qui fonctionne.
On peut discuter les choix du frère Adam. Mais on ne peut guère réduire sa démarche à la recherche d’un seul score.
Avant le VSH, il existait déjà une pensée de la sélection comme recherche d’équilibre.
Rothenbuhler : l’hygiène du couvain avant la lutte contre Varroa
En 1964, Walter C. Rothenbuhler publie des travaux sur le comportement de nettoyage du nid. Il compare notamment les réactions de différentes lignées face à du couvain mort de loque américaine. Ces recherches appartiennent à l’histoire de la génétique du comportement hygiénique, bien avant que le VSH devienne un objectif de sélection. (ScienceDirect)
Ce rappel est important : la sélection sanitaire n’a pas commencé avec Varroa.
L’apiculteur ne cherchait pas seulement des abeilles capables d’accumuler du miel. Il pouvait déjà s’intéresser à leur façon de repérer et d’éliminer du couvain atteint.
Il ne faut pas, pour autant, rebaptiser ces abeilles anciennes « VSH ». Ce serait projeter une notion particulière sur des travaux qui portaient sur une autre situation.
L’histoire nous montre plutôt une continuité : observer les défenses de la colonie, reconnaître des différences entre lignées, puis chercher à favoriser celles qui paraissent utiles.
Varroa a profondément renouvelé cette démarche. Il ne l’a pas créée.
L’abeille des Landes : être à l’heure de son paysage
En 1966, Jean Louveaux et ses collaborateurs décrivent l’adaptation d’une population d’abeilles des Landes au calendrier des ressources locales. Son cycle annuel de couvain présente deux pics, l’un au début de l’été, l’autre à l’automne. Ce rythme comporte une composante génétique. En 2007, Strange, Garnery et Sheppard retrouvent un cycle comparable chez une partie des colonies qu’ils étudient dans la région. (Springer Nature)
Il ne s’agit pas ici du même type d’histoire qu’à Buckfast : nous sommes devant l’étude d’une adaptation locale, et non simplement devant une combinaison fabriquée par un éleveur.
Mais la leçon pour la sélection est considérable.
Une qualité peut résider dans un rythme. Dans la concordance entre le développement d’une colonie et les possibilités de son territoire. Dans sa manière d’être présente lorsque les ressources le permettent.
L’abeille intéressante n’est donc pas nécessairement celle qui fait le plus de couvain le plus tôt possible. La bonne question peut devenir : fait-elle ce qu’il faut au moment où cela a du sens ?
Ce déplacement du regard est presque philosophique. Il remplace la recherche du maximum par celle de la justesse.
3. Le VSH : une avancée importante, pas une définition complète de l’abeille
VSH signifie Varroa Sensitive Hygiene. Ce comportement correspond à la détection, à la désoperculation et à l’élimination de couvain parasité par Varroa. En retirant des nymphes infestées, les ouvrières interrompent des cycles de reproduction du parasite et peuvent contribuer à limiter sa population. (ARS USDA)
C’est une aptitude précieuse. Il serait absurde d’en minimiser l’intérêt sous prétexte de défendre une vision plus large de la sélection.
Mais il faut distinguer trois niveaux : le comportement que l’on mesure, la résistance que l’on recherche et la qualité globale de la colonie.
Le VSH n’est pas une race. Il ne résume pas non plus toute la résistance à Varroa : l’ITSAP distingue notamment l’évaluation du VSH, celle de la reproduction du parasite — souvent abordée à travers le caractère SMR — et celle de la croissance de l’infestation. (ITSAP)
Il faut également éviter de confondre hygiène générale et VSH. Dans une étude publiée en 2013, Danka et ses collègues montrent que différentes catégories d’abeilles peuvent éliminer beaucoup de couvain tué par congélation tout en présentant des capacités très différentes d’élimination du couvain infesté par Varroa. Un bon résultat à un test de nettoyage du couvain mort ne constitue donc pas, à lui seul, une démonstration de VSH. (ARS USDA)
Cette précision protège autant le travail des sélectionneurs que celui des apiculteurs.
Elle évite d’attribuer trop vite une qualité que l’on n’a pas réellement mesurée. Elle évite aussi de croire qu’une colonie non testée serait nécessairement dépourvue de cette qualité.
Choisir de travailler le VSH ne signifie pas devoir choisir seulement le VSH.
La vraie ambition peut être d’intégrer cette défense dans des abeilles qui conservent leurs autres qualités, plutôt que de substituer une nouvelle obsession à une ancienne.
4. La propolis : quand un défaut change de signification
Un autre exemple éclaire singulièrement nos choix : la propolis.
Dans les critères de conduite examinés par le frère Adam figure une faible propension à propoliser. Ce choix exprime notamment un souci de commodité pour le travail de l’apiculteur. (perso.unamur.be)
Or les recherches ont également mis en évidence une fonction sanitaire de ces résines. En 2009, Simone, Evans et Spivak montrent, dans leur dispositif expérimental, que l’enrichissement de l’environnement de la ruche en propolis peut réduire la charge bactérienne des abeilles et modifier à la baisse l’expression de certains mécanismes immunitaires. Ces résultats participent à la compréhension de la propolis comme élément de défense collective de la colonie. (ARS USDA)
Il ne s’agit pas d’en conclure que toute propolisation abondante est idéale, ni que les anciens sélectionneurs auraient tout mal compris.
La question est plus intéressante : ce qui gêne notre travail peut avoir une utilité pour l’abeille.
Un caractère peut recevoir une mauvaise note lorsqu’on le regarde depuis le lève-cadres, puis prendre une autre valeur lorsqu’on le regarde depuis la santé du nid.
Voilà pourquoi une grille de sélection ne devrait jamais devenir un texte sacré. Elle traduit des connaissances, des besoins et des arbitrages. Elle mérite donc d’être réexaminée.
Sélectionner exige de la constance. Mais aussi la liberté de corriger ce que l’on croyait savoir.
5. La meilleure abeille n’existe pas indépendamment de ses conditions de vie
Imaginons maintenant un rucher de montagne, autour de mille mètres d’altitude. Cet exemple est volontairement fictif.
Une colonie y démarre très tôt et devient rapidement spectaculaire. Une autre se développe plus progressivement. Au premier passage, la première impressionne davantage.
Puis survient une longue interruption météorologique. Dans notre scénario, la première demande plusieurs apports alimentaires, tandis que la seconde traverse cette période avec ses réserves. Plus tard, au moment de la principale miellée, les deux ont finalement une population suffisante.
Laquelle fallait-il sélectionner ?
La réponse ne peut pas être tirée du seul nombre de cadres de couvain observé au début du printemps. Elle dépend de ce que l’on cherche : précocité, récolte, économie de nourrissement, sécurité, disponibilité de l’apiculteur.
Cet exemple ne démontre pas que les colonies précoces sont mauvaises, ni que les colonies modestes sont forcément rustiques. Il montre seulement ce qu’un classement instantané peut laisser hors champ.
Les interactions entre origine génétique et milieu ne sont d’ailleurs pas une simple intuition. Dans une étude publiée en 2020 sur des abeilles Apis mellifera carnica, Kovačić et ses collègues observent qu’un groupe fortement sélectionné obtient de bonnes évaluations comportementales, mais présente un indice d’hivernage plus faible dans les conditions de l’essai, interprété comme un manque d’adaptation locale. (Springer Nature)
Cela ne signifie pas que « local » serait une garantie automatique, ou qu’une origine extérieure serait nécessairement inadaptée.
Cela signifie qu’une réputation ne remplace pas une évaluation.
Une abeille peut être excellente sans être excellente partout. Et sélectionner pour un territoire ne devrait pas consister à réciter les qualités supposées d’une origine, mais à vérifier ce qui se passe effectivement dans les ruches.
6. Une bonne impression ne devient pas automatiquement un progrès génétique
Il existe une différence entre apprécier une colonie et démontrer que ses qualités se transmettent.
Les méthodes de sélection reposent sur la comparaison des performances, la connaissance des apparentements et, selon les programmes, la maîtrise des accouplements. Les recommandations du réseau scientifique COLOSS insistent sur ces trois dimensions : tester les colonies, organiser les fécondations et relier les résultats aux données généalogiques. (Coloss)
Pour l’apiculteur, cela invite à une discipline très concrète.
Noter les résultats, mais aussi les circonstances. Une récolte après renforcement, une faible infestation après interruption de couvain ou un bon hivernage après un nourrissement important ne doivent pas être interprétés comme si aucune intervention n’avait eu lieu.
L’objectif n’est pas de dévaloriser ces réussites. C’est de comprendre ce qu’elles nous apprennent réellement.
Une observation isolée suggère. Des observations répétées et comparables permettent de mieux choisir. L’examen des colonies issues des reproductrices retenues permet ensuite de vérifier si l’espoir se confirme.
La reine n’est pas non plus l’unique origine génétique des ouvrières : ses accouplements avec plusieurs mâles créent différentes lignées paternelles dans la colonie. C’est notamment cette diversité que Mattila et Seeley ont étudiée dans leurs travaux sur le fonctionnement et les performances des colonies. (PubMed)
La descendance n’est donc pas une photocopie de la ruche admirée.
Il y a, dans cette réalité, une invitation à l’humilité : nous choisissons des reproducteurs, pas une garantie.
Et cette humilité n’est pas l’ennemie de la sélection. Elle est ce qui l’empêche de devenir une collection de certitudes invérifiables.
7. Sélectionner, ce n’est pas organiser une épreuve aveugle
La recherche de résistance peut faire naître une tentation : laisser les colonies se débrouiller, puis multiplier celles qui restent.
Mais une démarche de sélection mérite mieux qu’un verdict brutal entre vivantes et mortes.
Avant de conclure, il faut pouvoir répondre à une question : qu’a-t-on réellement comparé ? Des colonies soumises à des conditions proches, ou des histoires différentes dont on ne connaît qu’une partie ?
Surtout, l’espoir placé dans une lignée ne doit pas faire disparaître l’observation sanitaire. Les résultats expérimentaux sur le VSH montrent une réduction du parasitisme, pas une promesse universelle d’absence de varroas. On ne peut donc pas déduire d’une étiquette génétique que tout suivi serait devenu inutile. (ARS USDA)
La sélection vise à construire une moindre dépendance aux interventions ; elle ne devrait pas servir à justifier l’indifférence aux colonies en difficulté.
Soigner une colonie n’oblige pas à en faire une reproductrice. Écarter une reine de la reproduction n’impose pas davantage de laisser mourir les abeilles qu’elle a produites.
Ce sont deux décisions distinctes : préserver la santé des animaux dont on s’occupe, et choisir ce que l’on souhaite transmettre.
Cette distinction permet d’être exigeant sans transformer le rucher en épreuve dont la souffrance serait la méthode et la survie l’unique explication.
8. Préserver aussi ce que nous ne savons pas encore mesurer
Une sélection ambitieuse doit enfin réfléchir à la diversité qu’elle conserve.
Les expériences de Mattila et Seeley, publiées en 2007, ont montré que des colonies possédant plusieurs lignées paternelles pouvaient mieux réussir certaines étapes de leur établissement et de leur développement que des colonies génétiquement beaucoup plus uniformes. La diversité interne n’était donc pas seulement une abstraction génétique : elle avait des effets sur le fonctionnement collectif. (PubMed)
Cela ne fournit pas à lui seul une recette pour organiser un programme d’élevage. Mais cela invite à se méfier d’un idéal d’uniformité absolue.
Nous savons mesurer certaines choses. Nous en comprenons imparfaitement d’autres. Et nous ne connaissons pas toutes les contraintes auxquelles les générations suivantes seront confrontées.
Faut-il alors faire descendre tout un cheptel d’une seule championne parce qu’elle domine le classement du moment ? Ou chercher à progresser en conservant plusieurs familles intéressantes, plusieurs combinaisons, plusieurs possibilités ?
La seconde ambition est moins spectaculaire. Elle offre moins facilement une vedette à mettre en avant.
Mais elle pose une question essentielle : veut-on seulement obtenir la meilleure génération possible aujourd’hui, ou préserver aussi la capacité de continuer à sélectionner demain ?
L’avenir d’un rucher ne se confond pas nécessairement avec le succès de sa meilleure ruche.
9. Sélectionner une relation au vivant
Revenir à la sélection d’avant Varroa ne signifie pas souhaiter son retour à l’identique. L’histoire ne nous propose pas un âge d’or qu’il suffirait de restaurer.
Elle nous rappelle autre chose : nos critères ont toujours été plus nombreux que nos urgences du moment.
Buckfast raconte la recherche d’une combinaison de qualités. Les travaux sur l’hygiène du couvain rappellent l’ancienneté des préoccupations sanitaires. L’écotype landais donne à voir l’importance d’un calendrier accordé au milieu. La propolis nous oblige à interroger la frontière entre notre confort et les besoins de la colonie.
Le VSH prend toute sa valeur dans cette histoire élargie. Non comme une idée à relativiser jusqu’à la rendre secondaire, mais comme une possibilité majeure à intégrer sans perdre le reste.
Nous pouvons vouloir des abeilles mieux armées contre Varroa et continuer à nous intéresser à leur douceur, à leur sobriété, à leur hivernage et à leur régularité. Nous pouvons mesurer précisément sans croire que toute la valeur du vivant tient dans ce que nous mesurons.
Au fond, la question n’est peut-être pas :
« Quelle abeille arrive en tête ? »
Mais plutôt :
« Quelles qualités voulons-nous transmettre, pour quelle apiculture, dans quel territoire, et avec quelles conséquences ? »
Sélectionner ne devrait pas consister à demander toujours davantage à l’abeille. Cela peut aussi être apprendre à mieux reconnaître ce qui lui permet de vivre — et de vivre durablement avec nous.





Merci Pascal pour ce retour, qui apporte justement une nuance importante à l’article — et qui, à mon sens, ouvre…
Bonjour M. Salesses, Merci pour votre lecture attentive. Vous avez raison de signaler ce risque de confusion : l’article utilise…
Excellent article sur le rôle et l'utilité d'adhérer ou pas à un GDSA! Au GDSA07, nous n'avons pas d'agrément pharmacie…
Bonjour, merci pour votre travail. je trouve que votre chronologie ne correspond pas aux règles de l'élévage de reines. On…
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