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Sélection apicole : l’abeille ne se résume pas au VSH

Abeille et apiculteur dans un paysage de rucher, avec des panneaux évoquant les critères de sélection au-delà du VSH.

Sélectionner une abeille, est-ce chercher celle qui produit le plus, celle qui résiste le mieux, ou celle avec laquelle nous pourrons durablement partager un territoire ? Derrière les mesures, les pedigrees et les protocoles se cache une question plus ancienne : qu’appelons-nous une « bonne abeille » ?

Imaginons un apiculteur devant son carnet de rucher. Une colonie a rempli davantage de hausses. Une autre a traversé l’hiver avec une remarquable économie de provisions. Une troisième se laisse visiter sans agitation. Il s’attarde devant chacune, puis inscrit à côté de l’une d’elles : « À multiplier ».

Ce geste paraît simple. Il contient pourtant toute une conception de l’apiculture.

Pourquoi celle-ci plutôt qu’une autre ? Que souhaite-t-il transmettre ? Une performance spectaculaire, une tranquillité de travail, une aptitude à vivre ici ? Et qu’accepte-t-il, peut-être sans le savoir, de laisser de côté ?

Non, la sélection apicole n’est pas forcément une sélection VSH. Le comportement VSH est un caractère particulier que l’on peut chercher à renforcer ; la sélection, elle, consiste plus largement à choisir les reproducteurs en fonction de qualités que l’on souhaite retrouver dans les générations suivantes. Production, douceur, essaimage, consommation des réserves et résistance aux maladies peuvent entrer dans ce choix. (ITSAP)

Mais cette réponse technique n’épuise pas la question. Car sélectionner, ce n’est pas seulement décider comment obtenir une abeille meilleure. C’est d’abord décider ce que « meilleure » signifie.

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Quand l’Angleterre perd 90 % de ses ruches… et qu’un moine répond par la génétique

Histoire vraie d’une crise sanitaire — et d’une solution que la pharmacie n’a jamais fournie.

Au début du XXᵉ siècle, l’apiculture britannique s’effondre.
Le responsable est minuscule, invisible à l’œil nu, tapi dans la trachée des abeilles : Acarapis woodi.
L’acariose trachéale décime les ruches sans remède connu.
En quelques années, certaines régions d’Angleterre affichent 90 % de pertes.
C’est un effondrement, un vrai, un de ceux qui vident un pays de ses butineuses.

Dans ce paysage de ruines apicoles, un jeune moine bénédictin, Karl Kehrle, futur Père Adam, observe l’hécatombe depuis le rucher de l’abbaye de Buckfast.
Chez lui aussi, les ruches meurent les unes après les autres.
Les traitements ?
Il n’y en a pas.
La recherche vétérinaire ?
Quasi inexistante.
Les solutions miracles ?
De bonnes intentions, rien de plus.

La catastrophe semble totale.
C’est précisément là que le Père Adam décide de faire quelque chose d’inouï pour l’époque.

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