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Le vétérinaire dans le Core PSE : de la responsabilité réglementaire au pilotage sanitaire

Vétérinaire et TSA utilisant le Core PSE dans Apisphère pour suivre les adhérents, ruchers, visites, médicaments, données et alertes sanitaires.

Dans un précédent article, nous avons présenté le Core PSE comme l’une des briques centrales du chantier Apisphère porté autour du GDSA43 : un noyau capable de relier adhérents, ruchers, TSA, visites, médicaments, traitements et registre sanitaire.

Mais cette architecture pose immédiatement une autre question : quelle place donner au vétérinaire dans un tel système ?

La réponse est importante, car le vétérinaire n’est pas un utilisateur parmi d’autres. Dans le cadre d’un Programme sanitaire d’élevage, il exerce une responsabilité particulière de surveillance et de suivi du programme.

Le Core PSE doit donc être conçu aussi comme son outil de pilotage sanitaire.

Voir le PSE dans son ensemble

Dans un fonctionnement traditionnel, les informations nécessaires au vétérinaire peuvent être dispersées entre plusieurs supports :

  • liste des adhérents ;
  • rapports des TSA ;
  • feuilles de distribution ;
  • ordonnances ;
  • stocks de médicaments ;
  • registre sanitaire ;
  • courriels ;
  • documents administratifs.

Le problème n’est pas nécessairement l’absence d’information.

C’est sa dispersion.

Le Core PSE change cette logique en reliant les informations entre elles.

Le vétérinaire pourrait ainsi disposer d’un tableau de bord lui permettant de connaître rapidement :

  • les adhérents couverts par le PSE ;
  • les visites réalisées ;
  • les visites restant à programmer ;
  • les comptes rendus nécessitant son attention ;
  • les médicaments délivrés ;
  • les lots concernés ;
  • les incidents sanitaires ouverts ;
  • les éventuelles anomalies détectées.

L’objectif n’est donc pas de lui donner davantage de données.

Il s’agit de lui présenter les bonnes informations au bon moment.

Mieux travailler avec les TSA

Le Core PSE peut également structurer la relation entre le vétérinaire et les Techniciens sanitaires apicoles.

Avant une visite, le TSA pourrait disposer des informations utiles concernant l’apiculteur et le rucher.

Après la visite, son compte rendu serait directement intégré au dossier sanitaire.

Le vétérinaire pourrait alors :

  • consulter les observations ;
  • demander un complément ;
  • repérer une anomalie ;
  • décider d’une intervention ;
  • suivre la clôture du dossier.

La chaîne devient plus claire :

vétérinaire → TSA → visite → observations → compte rendu → suivi.

Le rapport de visite ne finit plus simplement dans un dossier informatique. Il devient une information exploitable par le système.

Exemple : préparer une visite

Prenons un apiculteur possédant trois ruchers et une vingtaine de colonies.

Avant la visite, le vétérinaire ou le TSA pourrait retrouver immédiatement :

  • la dernière visite ;
  • les traitements précédents ;
  • le médicament utilisé ;
  • les observations antérieures ;
  • les éventuelles mortalités déclarées ;
  • l’historique du rucher.

Le temps passé sur place peut alors être consacré davantage à l’observation, au conseil et au sanitaire, plutôt qu’à rechercher ou reconstituer l’historique administratif.

Exemple : retrouver un lot de médicament

Supposons qu’une anomalie concerne un lot de médicament vétérinaire.

Dans un système classique, il faut parfois rapprocher plusieurs fichiers pour savoir à quels apiculteurs ce lot a été distribué.

Dans un Core PSE correctement structuré, une recherche sur le numéro de lot pourrait permettre de connaître immédiatement :

  • la date de réception ;
  • la quantité reçue ;
  • la quantité restante ;
  • les apiculteurs concernés ;
  • les dates de délivrance.

Et, dans l’autre sens, le dossier d’un apiculteur permettrait de retrouver le lot qui lui a été remis.

Cette traçabilité devient alors un véritable outil sanitaire.

Exemple : détecter plusieurs observations similaires

Prenons maintenant plusieurs visites réalisées dans différentes communes.

Individuellement, les TSA signalent :

  • colonies faibles ;
  • mortalités inhabituelles ;
  • forte pression parasitaire ;
  • efficacité médiocre d’un traitement précédent.

Chaque observation prise séparément peut sembler relativement banale.

Mais si plusieurs observations comparables apparaissent dans un même secteur et sur une même période, le système peut les rapprocher et faire apparaître un signal.

Par exemple :

Six observations similaires enregistrées dans quatre communes au cours des trois dernières semaines.

Le logiciel ne pose aucun diagnostic.

Il attire simplement l’attention du vétérinaire.

À lui ensuite de décider s’il faut approfondir, contacter les TSA, organiser certaines visites ou demander des investigations complémentaires.

C’est une distinction essentielle : le système détecte ; le vétérinaire interprète.

Suivre réellement le PSE

Le Core PSE peut également répondre à une question très simple :

où en sommes-nous réellement ?

Un tableau de bord pourrait par exemple indiquer :

302 adhérents concernés
284 dossiers à jour
12 visites à programmer
4 comptes rendus à examiner
2 dossiers incomplets

Le vétérinaire n’a plus besoin de parcourir plusieurs centaines de lignes pour identifier les exceptions.

Le système les lui présente directement.

C’est probablement là que le numérique devient réellement utile : non pas lorsqu’il affiche plus d’informations, mais lorsqu’il réduit le bruit.

Un outil d’aide, pas un vétérinaire numérique

Il faut toutefois poser une limite très nette.

Le Core PSE ne doit jamais décider à la place du vétérinaire.

Il peut :

  • détecter une donnée absente ;
  • signaler une échéance ;
  • repérer une incohérence ;
  • rapprocher plusieurs observations ;
  • préparer un dossier ;
  • calculer des indicateurs.

Mais il ne doit pas conclure seul :

« voici le diagnostic »

ou :

« voici le traitement à prescrire ».

L’expertise clinique, l’interprétation et la prescription restent de la compétence du professionnel.

Le rôle du système est donc celui d’un outil d’aide et d’organisation.

Préparer aussi le PSE suivant

À plus long terme, l’intérêt devient encore plus important.

Après plusieurs années, le vétérinaire pourrait disposer de données agrégées sur :

  • les traitements utilisés ;
  • la fréquence de certaines observations ;
  • les périodes de mortalité ;
  • la couverture des visites ;
  • les difficultés rencontrées par les apiculteurs ;
  • certaines évolutions territoriales.

Ces informations peuvent contribuer à mieux préparer le programme suivant et à adapter certaines priorités sanitaires à ce qui est réellement observé sur le terrain.

Le PSE ne repose alors plus uniquement sur des documents administratifs et des impressions générales.

Il bénéficie progressivement d’une mémoire sanitaire structurée.

Le vétérinaire comme pilote sanitaire

Dans Apisphère, le vétérinaire ne devrait donc pas être traité comme un simple compte utilisateur doté de quelques permissions supplémentaires.

Son espace devrait refléter sa fonction particulière dans le PSE :

  • suivi du programme ;
  • supervision des visites ;
  • accès aux informations sanitaires nécessaires ;
  • suivi des médicaments ;
  • consultation des anomalies ;
  • indicateurs ;
  • documents du PSE.

Le véritable intérêt du Core PSE est là.

Le vétérinaire possède déjà la responsabilité sanitaire.

Le numérique ne lui donne pas cette responsabilité.

Il peut en revanche lui donner les outils nécessaires pour l’exercer plus facilement et avec une meilleure vision d’ensemble.

Après avoir présenté le Core PSE comme la colonne vertébrale du suivi sanitaire, cette deuxième étape du chantier Apisphère consiste donc à organiser clairement la place de celui qui doit en assurer le pilotage médical : le vétérinaire.

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