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Le cadre qui se couche pour piéger Varroa : l’étonnante méthode Campese

Dans une ruche, les cadres se tiennent debout. La méthode Campese commence pourtant par en coucher un au-dessus du nid, puis par y installer la reine. Tandis qu’elle continue de pondre dans ce petit étage horizontal, le couvain disparaît progressivement du corps de ruche et les varroas se rapprochent de leur unique refuge reproductif. Le cadre devient alors un piège vivant. Ingénieuse, spectaculaire et encore peu connue en France, cette technique italienne mérite mieux qu’une recette récitée à la hâte : elle oblige à comprendre la biologie du parasite, le calendrier du couvain et les limites d’une lutte qui ne peut jamais se contenter de promesses.


Il y a, dans tout rucher, des gestes qui semblent aller de soi. Les cadres pendent verticalement. La reine pond au cœur du nid. Les ouvrières élèvent le couvain autour d’elle. Varroa, lui, profite de cette organisation avec une remarquable absence de scrupules.

Puis arrive la méthode Campese et, soudain, l’architecture habituelle est renversée. Un cadre de corps est retiré du nid, posé à plat dans un encadrement installé au-dessus d’une grille à reine, puis confié à la reine. Celle-ci ne cesse pas de pondre : elle continue son travail, mais dans ce seul territoire suspendu au-dessus de la colonie.

Pendant environ trois semaines, le corps de ruche se vide peu à peu de son couvain. Les dernières ouvrières naissent, les cellules operculées s’ouvrent et les varroas qui en sortent cherchent de nouvelles larves à parasiter. Or il ne reste bientôt qu’un seul véritable rendez-vous reproductif : le cadre horizontal.

La méthode ne tue donc pas directement le parasite. Elle lui indique une porte, le laisse entrer, puis retire la maison.

L’image est brillante. Elle doit toutefois être examinée avec précision, car un piège biologique n’est efficace que si l’on maîtrise son calendrier. Avec Varroa, quelques jours d’approximation suffisent parfois à transformer le piège en maternité.

Une méthode venue des ruchers italiens

Le blocage actif horizontal est connu en Italie sous le nom de méthode Campese, en référence à l’apiculteur vénitien Francesco Campese, qui en a assuré la diffusion auprès des apiculteurs. L’Association régionale des apiculteurs de Vénétie lui a notamment consacré des présentations pratiques. Il s’agit moins d’une découverte académique isolée que d’une méthode de terrain, née de l’adaptation de plusieurs principes déjà connus : confinement de la reine, interruption du couvain dans le nid, cadre-piège et traitement en période sans couvain.

Sa singularité tient à la position du rayon. Contrairement au procédé allemand des cadres de confinement, dans lequel la reine est placée successivement sur des cadres verticaux, le cadre Campese est installé horizontalement, dans une sorte de petit grenier aménagé au-dessus de la ruche.

La description pratique la plus diffusée prévoit une grille à reine posée sur le corps, un encadrement capable de recevoir un cadre de corps couché, un espace de circulation autour de celui-ci et une couverture laissant une chambre d’air. Une seconde grille peut, selon la configuration, séparer ce compartiment des hausses.

Tout le génie — et toute la difficulté — du procédé résident dans ce déplacement de la ponte.

Pourquoi parle-t-on de blocage « actif » ?

Dans un encagement classique, la reine est enfermée dans une petite cage pendant environ trois semaines. Elle cesse de produire du couvain viable. Lorsque les dernières abeilles naissent, la colonie devient sans couvain operculé et les varroas se retrouvent sur les abeilles adultes, donc exposés à un traitement adapté.

La méthode Campese choisit une autre voie. La reine n’est pas mise au repos : elle conserve un cadre entier sur lequel pondre. Son activité continue, mais sa ponte est déplacée hors du corps de ruche. C’est pourquoi les apiculteurs italiens parlent de blocco attivo della covata, un blocage actif du couvain.

Le mot « blocage » pourrait donc prêter à confusion. La ponte n’est pas arrêtée ; elle est concentrée et isolée. Dans le nid principal, en revanche, aucun œuf nouveau n’est pondu. Le couvain qui s’y trouvait à l’installation du dispositif poursuit son développement, puis disparaît progressivement.

Cette différence est importante pour la reine. Elle ne subit pas une interruption complète de ponte et peut, en théorie, reprendre plus rapidement son activité normale après sa libération. La continuité de la ponte pourrait également limiter certains risques de rejet ou de supersédure observés avec les encagements très restrictifs. Ce bénéfice paraît biologiquement plausible, mais il ne doit pas être présenté comme une garantie : la manipulation, la chaleur, l’espace inhabituel et l’état de la colonie continuent d’influencer le comportement royal.

Le piège n’attire pas Varroa par magie

Pour comprendre la méthode, il faut abandonner l’image d’un acarien aspiré à distance. Varroa n’est pas happé par le cadre horizontal comme de la poussière par un appareil ménager. Le piège fonctionne parce que le parasite doit entrer dans une cellule de couvain peu avant son operculation pour se reproduire.

La femelle fondatrice circule d’abord sur les abeilles adultes. Lorsqu’une larve approche du stade favorable, elle entre dans l’alvéole, se dissimule dans la nourriture larvaire, puis commence sa reproduction après la fermeture de la cellule. Sous l’opercule, elle bénéficie à la fois d’un abri et d’un hôte en développement.

La méthode Campese modifie progressivement le paysage reproductif du parasite :

  1. le couvain déjà présent dans le corps continue d’émerger ;
  2. les varroas libérés gagnent les abeilles adultes ;
  3. aucun nouveau couvain n’apparaît dans le corps, puisque la reine n’y a plus accès ;
  4. le cadre horizontal conserve des œufs et des larves de différents âges ;
  5. il devient progressivement le principal site disponible pour l’entrée en reproduction ;
  6. son retrait exporte une partie des varroas enfermés dans les cellules operculées.

La géométrie de la ruche est ainsi utilisée pour agir sur la démographie du parasite. Le procédé ne poursuit pas Varroa : il rétrécit son monde jusqu’à ne lui laisser qu’une destination privilégiée.

À quoi ressemble le dispositif ?

Le montage comporte généralement quatre éléments.

Une grille à reine inférieure

Elle couvre le corps de ruche. Les ouvrières peuvent monter et descendre, mais la reine ne peut pas retrouver le nid principal. Cette grille doit joindre correctement les parois : un passage de quelques millimètres peut suffire à libérer la reine et à faire échouer tout le calendrier.

Un encadrement horizontal

Cette rehausse peu profonde reçoit un cadre de corps couché à plat. Elle doit offrir suffisamment d’espace pour que les abeilles puissent circuler autour du rayon, sans créer de grands volumes favorisant les constructions anarchiques.

Un cadre choisi pour devenir le piège

Les protocoles italiens recommandent un cadre déjà bâti, facilement accepté par la reine. Certains conseillent un rayon comportant initialement plusieurs âges de couvain, afin d’entretenir immédiatement la présence des nourrices et l’attractivité biologique du compartiment.

Puisque ce cadre devra être retiré, il est logique de choisir un rayon ancien destiné au renouvellement. « Ancien » ne signifie toutefois ni moisi, ni suspect, ni atteint d’une maladie du couvain. On ne transforme pas un problème sanitaire en solution sanitaire par simple changement d’étiquette.

Une couverture ventilée

Le cadre horizontal se trouve dans une position inhabituelle, près du toit, à un endroit potentiellement exposé aux surchauffes. Une chambre d’air et une protection solaire correcte sont indispensables. L’objectif est de créer un compartiment habitable, pas une plaque de cuisson apicole.

Le calendrier : environ vingt-quatre jours sous haute surveillance

La chronologie suivante décrit le principe général. Elle ne remplace ni l’observation du couvain ni l’adaptation aux conditions locales.

MomentInterventionÉvolution recherchée
J0Installation de la grille, de l’encadrement et du cadre horizontal ; placement de la reineLa ponte cesse immédiatement dans le corps de ruche
J1 à J18–20La reine pond sur le cadre horizontalLe couvain ancien du corps émerge ; le cadre supérieur devient le principal site de reproduction accessible aux varroas
Vers J18–20Retrait du cadre-piège et libération de la reineUne partie des varroas est exportée avec le couvain du cadre horizontal
J21 à J24 environAttente et vérificationLe dernier couvain pondu avant J0 doit avoir émergé dans le corps
Fenêtre sans couvain operculéÉvaluation de l’infestation et, si le protocole sanitaire le prévoit, emploi d’un médicament autoriséLes varroas résiduels sont majoritairement exposés sur les abeilles adultes
Après la reprise de ponteContrôle de la reine, du couvain et de l’infestationVérifier l’efficacité et détecter une réinfestation

Pourquoi cette marge entre vingt et vingt-quatre jours ? Une ouvrière se développe en environ vingt et un jours de l’œuf à l’émergence ; un mâle demande environ vingt-quatre jours. Si du couvain de mâles était présent dans le corps à J0, une intervention fondée uniquement sur le vingt et unième jour pourrait laisser subsister des cellules operculées.

Le véritable indicateur n’est donc pas la date écrite sur le calendrier, mais l’absence effectivement constatée de couvain operculé hors du cadre-piège.

Que faire du cadre retiré ?

Ce cadre constitue le cœur sanitaire du procédé. Il peut contenir du couvain infesté, des varroas fondatrices et leur descendance. Il ne doit jamais être replacé dans une autre colonie, conservé jusqu’à l’émergence ou utilisé pour renforcer un essaim.

Une telle réutilisation transformerait la méthode en service de transport pour parasites.

Le rayon doit être neutralisé avant toute émergence, puis orienté vers une filière adaptée. La congélation suivie de la fonte permet généralement de récupérer la cire tout en empêchant la naissance du couvain et la libération des acariens. Le matériel ayant contenu le rayon doit être nettoyé. Toute suspicion de maladie réglementée ou contagieuse impose naturellement une conduite spécifique et un avis sanitaire.

Le cadre-piège suffit-il à se passer de traitement ?

C’est ici que le récit devient moins spectaculaire, mais beaucoup plus utile.

La méthode Campese peut exporter une partie importante des varroas présents dans la colonie. Elle ne garantit cependant pas leur élimination complète. Certains parasites restent sur les abeilles adultes ; d’autres peuvent se trouver dans du couvain résiduel ; certains peuvent émerger du cadre horizontal avant son retrait ; d’autres encore peuvent entrer dans la colonie par dérive, pillage ou réinfestation après l’opération.

Dans les présentations italiennes, le blocage estival Campese est généralement associé à un traitement réalisé lorsque la colonie est dépourvue de couvain operculé. L’objectif est double : retirer le cadre ayant concentré une partie des acariens, puis atteindre ceux qui restent sur les abeilles.

L’acide oxalique est souvent cité parce qu’il agit principalement par contact sur les varroas exposés et n’atteint pas correctement ceux qui sont protégés sous les opercules. Son utilisation doit néanmoins reposer exclusivement sur un médicament vétérinaire autorisé, selon son autorisation de mise sur le marché, les règles du PSE éventuel et les recommandations du vétérinaire. La méthode biotechnique ne transforme pas une substance en médicament improvisé.

Le comptage avant et après l’intervention reste donc indispensable. Sans mesure, l’apiculteur sait seulement qu’il a réalisé une manipulation ; il ignore s’il a réellement protégé la colonie.

Ce que dit la science — et ce qu’elle ne dit pas encore

Le principe général de l’interruption estivale du couvain est sérieusement étudié. Des travaux ont montré qu’une suppression du couvain ou un encagement de reine, associés à un traitement adapté pendant la période sans couvain, pouvaient réduire fortement l’infestation. Une étude européenne conduite dans dix pays a toutefois observé des résultats variables selon le lieu, l’année et le protocole ; l’efficacité de certains encagements suivis d’acide oxalique s’étendait approximativement de 48 à 90 %.

Cette variabilité ne constitue pas un détail statistique. Elle signifie que le calendrier, la force de la colonie, le niveau initial d’infestation, le mode d’application du médicament, le climat et les réinfestations peuvent décider du succès ou de l’échec.

Une étude américaine publiée en 2020 a ainsi obtenu de mauvais résultats avec un encagement de vingt-quatre jours réalisé en automne et une vaporisation d’acide oxalique à la dose alors autorisée aux États-Unis. Les colonies ayant subi l’interruption se sont révélées plus fragiles. Les auteurs ont notamment souligné que l’intervention avait probablement été trop tardive pour permettre une reconstruction suffisante de la population avant la mauvaise saison.

Ces résultats ne condamnent pas la méthode Campese, qui maintient la reine en ponte et s’emploie normalement en été. Ils rappellent en revanche une règle fondamentale : une technique populationnelle ne peut pas être transplantée mécaniquement d’un climat, d’une saison ou d’un protocole à un autre.

Surtout, le dispositif Campese lui-même paraît encore peu évalué dans des publications scientifiques dédiées. Son fondement biologique est cohérent avec les travaux sur les cadres-pièges et les interruptions de couvain, mais les chiffres annoncés à son sujet proviennent principalement de retours de terrain et de documents techniques italiens. Il faut donc éviter de lui attribuer une efficacité universelle que la littérature n’a pas établie sous cette forme précise.

Campese, Maul et Scalvini : trois chemins vers l’absence de couvain

Ces méthodes sont souvent rassemblées sous l’expression générale d’« encagement de reine ». Elles ne produisent pourtant pas la même dynamique.

TechniquePlace de la reineOrganisation du couvainDurée approximativeAction recherchée
CampeseSur un cadre entier placé horizontalementPonte active concentrée sur un seul rayonEnviron 21 à 24 joursRetrait d’un cadre-piège puis intervention en période sans couvain
Maul – BannwabenverfahrenSur trois cadres verticaux successifsUn nouveau cadre tous les neuf joursJusqu’au trente-sixième jourCapture successive des varroas dans trois cadres retirés
Cage Scalvini ou petite cageDans un espace très réduitPas de couvain viable disponible dans la colonieEnviron 21 à 25 joursMise en phase phorétique des varroas avant traitement

La méthode allemande de Maul est une véritable succession de pièges. Campese concentre l’opération sur un seul rayon horizontal et crée simultanément une fenêtre sans couvain dans le corps. La cage Scalvini, enfin, cherche surtout à interrompre la production de couvain plutôt qu’à exporter les parasites dans un cadre sacrifié.

L’une n’est pas automatiquement supérieure aux autres. Le choix dépend du nombre de colonies, du matériel, du temps disponible, de l’aptitude à trouver les reines, de la saison et de l’objectif sanitaire.

Les avantages séduisants de Campese

La méthode présente plusieurs qualités réelles.

La reine demeure en ponte. Sa reprise après libération peut donc être plus rapide qu’après un encagement complet. Un seul cadre est sacrifié, ce qui réduit la perte de couvain par rapport à la méthode allemande des trois cadres. Le procédé permet aussi de retirer un vieux rayon et participe ainsi au renouvellement des cires.

Le blocage ne dépend pas de l’évaporation d’un produit dans une plage étroite de températures. Il peut donc offrir une solution lorsque les fortes chaleurs rendent certains traitements difficiles à maîtriser. Pour un petit rucher, le nombre de visites reste raisonnable et le matériel peut être fabriqué avec précision par un apiculteur soigneux.

Enfin, la méthode oblige à observer. Elle replace l’apiculteur devant la biologie de la colonie, loin du traitement posé machinalement puis oublié. C’est à la fois sa force et son exigence.

Les erreurs capables de faire échouer l’opération

Commencer trop tard

Si la colonie est déjà fortement infestée, attendre trois semaines avant d’obtenir une fenêtre sans couvain peut laisser au complexe Varroa-virus le temps d’endommager les futures abeilles d’hiver. Un comptage préalable élevé impose une stratégie rapide définie avec le vétérinaire, pas une expérimentation contemplative.

Laisser échapper la reine

Une grille mal ajustée permet à la reine de retrouver le corps et d’y pondre. Le nid ne devient alors jamais sans couvain et le traitement final perd une grande partie de son intérêt.

Retirer le cadre au mauvais moment

Trop tôt, il n’aura pas suffisamment concentré les varroas. Trop tard, du couvain peut émerger et relâcher des parasites et leur descendance dans la colonie.

Confondre calendrier et constat

J21 n’est pas une formule magique. La présence initiale de couvain mâle, les irrégularités de ponte ou les températures peuvent modifier la situation. Il faut inspecter.

Négliger la chaleur

Le compartiment se trouve près du toit. Un montage trop fermé et exposé au soleil peut devenir dangereux pour la reine et le couvain. À l’inverse, dans une région froide, des nuits fraîches peuvent compliquer la thermorégulation de ce rayon isolé du cœur du nid.

Oublier l’après

Une reprise de ponte réussie ne prouve pas que l’infestation est maîtrisée. Le contrôle post-intervention et la surveillance de la réinfestation automnale font partie de la méthode.

Et dans un rucher de montagne ?

À mille mètres d’altitude, le calendrier italien ne doit surtout pas être recopié à la lettre. Une mise en œuvre « entre le 15 et le 20 juillet », souvent citée dans le nord de l’Italie, n’a de sens qu’en fonction des miellées, de l’état des colonies et du début réel de l’élevage des abeilles d’hiver.

Dans le Velay ou le Vivarais-Lignon, la saison peut se refermer rapidement. Une colonie libérée trop tard risque de manquer de temps, de chaleur ou de ressources pour reconstruire un couvain abondant. Le refroidissement nocturne du compartiment horizontal mérite également d’être observé, particulièrement sur une colonie moyenne.

La méthode paraît donc mieux adaptée :

  • aux colonies fortes et bien peuplées ;
  • aux reines jeunes ou dont la ponte est régulière ;
  • à une intervention planifiée immédiatement après la dernière récolte pertinente ;
  • aux ruchers où l’apiculteur peut respecter les visites et contrôler précisément les dates ;
  • à une stratégie sanitaire comportant comptages, contrôle de reprise et traitement autorisé si nécessaire.

Elle paraît moins indiquée sur une colonie faible, orpheline, très infestée, déjà atteinte par les virus ou engagée trop tard dans la préparation de l’hivernage.

Une technique d’avenir, à condition de rester une technique de précision

La méthode Campese séduit parce qu’elle agit avec la ruche plutôt que contre elle. Elle ne cherche pas d’abord à saturer l’atmosphère d’une substance ; elle réorganise temporairement le cycle du couvain pour rendre le parasite plus accessible. Cette logique correspond pleinement à la lutte intégrée : utiliser la biologie, réduire la pression parasitaire, préserver l’efficacité des médicaments et mesurer le résultat.

Mais une méthode biotechnique n’est pas synonyme de méthode approximative. Elle demande davantage de rigueur qu’une lanière suspendue entre deux cadres : trouver la reine, fermer parfaitement le dispositif, choisir le bon rayon, respecter le calendrier, neutraliser le cadre-piège, vérifier l’absence de couvain, appliquer le cas échéant un médicament autorisé, puis compter de nouveau.

Campese ne promet donc pas une ruche miraculeusement débarrassée de Varroa. Il propose quelque chose de plus intéressant : reprendre temporairement le contrôle de l’espace et du temps dans lesquels le parasite se reproduit.

Pendant quelques semaines, la reine monte à l’étage, le cadre se couche et Varroa croit avoir trouvé le dernier berceau disponible. C’est précisément à cet instant que le piège se referme.


Références et ressources

  • Association régionale des apiculteurs de Vénétie, « Blocco di covata – metodo Campese », présentation pratique par Francesco Campese : voir la présentation.
  • Oxalika, « Lotta integrata alla varroa – Blocco di covata estivo con il metodo Campese » : description illustrée du dispositif.
  • Büchler R. et al., 2020, « Summer brood interruption as integrated management strategy for effective Varroa control in Europe », Journal of Apicultural Research : DOI et résumé.
  • Gregorc A. et al., 2017, « Brood removal or queen caging combined with oxalic acid treatment to control Varroa mites », Apidologie 48, 821–832 : article.
  • Jack C. J., van Santen E. et Ellis J. D., 2020, « Evaluating the efficacy of oxalic acid vaporization and brood interruption », Journal of Economic Entomology 113(2), 582–588 : article en accès libre.
  • Vercelli M. et al., 2023, « Biotechnical control of Varroa in honey bee colonies » : synthèse scientifique.

Avertissement sanitaire — La méthode Campese relève de la conduite biotechnique des colonies. Toute utilisation d’un traitement contre Varroa doit respecter la réglementation applicable,

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