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Quand l’Angleterre perd 90 % de ses ruches… et qu’un moine répond par la génétique

Histoire vraie d’une crise sanitaire — et d’une solution que la pharmacie n’a jamais fournie.

Au début du XXᵉ siècle, l’apiculture britannique s’effondre.
Le responsable est minuscule, invisible à l’œil nu, tapi dans la trachée des abeilles : Acarapis woodi.
L’acariose trachéale décime les ruches sans remède connu.
En quelques années, certaines régions d’Angleterre affichent 90 % de pertes.
C’est un effondrement, un vrai, un de ceux qui vident un pays de ses butineuses.

Dans ce paysage de ruines apicoles, un jeune moine bénédictin, Karl Kehrle, futur Père Adam, observe l’hécatombe depuis le rucher de l’abbaye de Buckfast.
Chez lui aussi, les ruches meurent les unes après les autres.
Les traitements ?
Il n’y en a pas.
La recherche vétérinaire ?
Quasi inexistante.
Les solutions miracles ?
De bonnes intentions, rien de plus.

La catastrophe semble totale.
C’est précisément là que le Père Adam décide de faire quelque chose d’inouï pour l’époque.

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Pourquoi mutualiser les données d’élevage change tout pour la sélection apicole — et pourquoi un véritable SGBD peut transformer l’avenir de nos abeilles

Imagine entrer dans un rucher comme on franchit la porte d’un atelier de précision.
Chaque reine y a son histoire, chaque greffage sa fiche, chaque F1 sa trajectoire.
Isolées, ces données fonctionnent comme des notes intimes : utiles, parfois brillantes, mais enfermées dans un carnet, un classeur, un fichier Access.

Maintenant, imagine que cette mémoire — la tienne, la mienne, celle d’autres éleveurs — puisse tenir dans un SGBD1 moderne, un vrai gestionnaire de base de données, structuré, sécurisé, évolutif.
Imagine qu’il puisse fonctionner localement pour un seul rucher, mais aussi, si on le souhaite, être hébergé sur un serveur dédié, à l’échelle d’un GDSA, d’une région, d’un pays… ou de l’Europe.

Ce n’est plus un carnet.
Ce n’est plus un tableau.
C’est une charpente collective, capable de porter une sélection génétique moderne.

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Le Code de Croisement : lire, comprendre, construire (et éviter les arnaques)

Avant d’aller plus loin, il faut distinguer deux notions souvent confondues : le code de croisement et le pedigree.
Le code de croisement est une version ultra-condensée du pedigree : une ligne qui résume l’essentiel du mariage génétique entre la reine-mère et les mâles utilisés (B138 × VSH35 – II, par exemple).
Le pedigree, lui, est la carte d’identité complète : il détaille l’origine de la mère, celle des mâles, les lignées ascendantes, parfois plusieurs générations, ainsi que les performances observées.
Si le pedigree est un arbre généalogique, le code de croisement en est le résumé télégraphique.
Il ne les remplace jamais : il s’y rattache et permet simplement de le lire plus vite.

Dans le monde de l’élevage apicole, le code de croisement joue un rôle que trop peu d’apiculteurs connaissent vraiment.
On achète une reine, on reçoit un petit bout de papier où l’on peut lire :
B138 × VSH35 (II – 2024)
Et souvent, on se contente d’acquiescer en se disant que “ça a l’air sérieux”.

Mais derrière ce code, il peut y avoir :

  • un travail rigoureux de sélection génétique,
  • ou un simple vernis technique pour faire joli.

Le code de croisement est la carte d’identité génétique d’une reine.
Il dit qui est la mère, qui sont les mâles, et comment la fécondation a été réalisée.
Le comprendre, c’est savoir distinguer une reine réellement sélectionnée d’une reine “marketée F0”.

Cet article t’explique comment lire un code, comment le construire, comment le vérifier, et comment l’utiliser dans ton propre registre de sélection.

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Acheter une reine F0 : mode d’emploi pour ne pas acheter du rêve en carton

Acheter une reine F0, c’est un peu comme miser sur la graine qui fondera toute une forêt.
La décision paraît simple : on paie, on reçoit une reine “de haute volée”, on espère qu’elle fera des miracles.
Dans la réalité, ce n’est jamais aussi facile.

Entre les lignées prestigieuses, les pedigrees plus ou moins transparents, les reines inséminées instrumentales, les généalogies floues, et les fameuses F0 “non testées” proposées ici ou là, l’apiculteur peut vite se retrouver à acheter du rêve… ou une reine dont la seule qualité avérée est d’avoir coûté cher.

Une bonne F0, testée et traçable, peut te faire gagner des années dans ton programme d’élevage.
Une mauvaise F0, mal documentée, peut t’en faire perdre tout autant.

Cet article rassemble tout ce qu’il faut savoir avant de sortir le portefeuille :
comment reconnaître une vraie F0, quels documents réclamer, comment lire un pedigree, quels pièges éviter, comment introduire et travailler cette reine dans ton propre plan génétique, et ce que signifie réellement acheter une F0 “non testée”.

Si tu veux fonder une lignée solide, cohérente et adaptée à ton rucher, autant commencer du bon pied.


L’objectif de cet article est double :

  1. T’aider à évaluer sérieusement une offre de F0 testée : documents, questions à poser, pièges à éviter.
  2. Clarifier ce que signifie acheter une F0 non testée, et dans quelles conditions ça peut malgré tout avoir du sens.
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Vers un “Arista France” : unir science, éleveurs et institutions autour de l’abeille résistante

Et si la France se dotait enfin d’un réseau national de sélection apicole, capable de faire dialoguer la science et le terrain ?
Un Arista France, soutenu, accompagné et inspiré par l’ANERCEA — un réseau réunissant chercheurs, éleveurs, GDSA et institutions autour d’un objectif clair :

développer des abeilles naturellement résistantes, adaptées à nos climats et à nos territoires.

Une idée ambitieuse, mais plus réaliste qu’il n’y paraît… si chacun y prend sa part.

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Quand l’abeille sait faire la différence : comment les ruches “hygiéniques” détectent le Varroa destructor vivant

Dans la montagne, chaque détail compte : un ciel changeant, un vent léger, une floraison tardive.
Dans la ruche aussi, chaque signal — mouvement, odeur, micro-vibration — peut faire la différence entre survie et chute.
Des chercheurs ont identifié que certaines abeilles sont capables non seulement d’identifier un varroa présent dans une cellule, mais de faire la différence entre un parasite vivant, un parasite mort, et… un simple caillou.
Cette finesse de réaction ouvre de nouvelles pistes pour la sélection raisonnée
1.

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Russian Honey Bee – la résistance venue du froid


Dans les forêts du Primorsky, à l’extrême est de la Russie, les abeilles ont survécu là où d’autres seraient mortes.
Depuis plus d’un siècle, elles cohabitent avec le varroa destructor sans traitements, forgeant dans le froid et la contrainte une immunité naturelle que les chercheurs du monde entier observent avec fascination.

De cette endurance est née la Russian Honey Bee (RHB) — une lignée à la fois rustique, disciplinée et étonnamment moderne.
Venue du froid, sélectionnée par la science, elle incarne une promesse : celle d’abeilles capables de se défendre seules, tout en conservant douceur et efficacité.

Mais que cache réellement cette réputation de “guerrière tranquille” ?
Et que peut-elle nous apprendre sur la sélection apicole et l’avenir des ruchers européens ?

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Créer un atelier d’élevage de reines F1 : de la reine F0 au matériel nécessaire

Élever des reines, c’est apprendre à lire la génétique vivante des abeilles.
Chaque reine porte en elle un héritage — parfois fragile, souvent précieux — qu’il faut savoir transmettre sans le dénaturer.
Dans la sélection apicole moderne, cette mission repose sur un équilibre délicat : protéger la reine souche (F0) tout en diffusant ses qualités au rucher.

C’est là qu’intervient la génération F1 : les filles de la F0.
Elles ne sont pas des copies parfaites, mais des ambassadrices génétiques, capables de reproduire les traits recherchés — vigueur, hygiène, résistance au varroa — sans exposer la souche originelle.

Comprendre le rôle de ces reines F1, leur place dans la chaîne d’élevage, le matériel nécessaire et les précautions à prendre, c’est entrer dans la mécanique fine de la sélection raisonnée.
Un atelier d’élevage bien mené devient alors plus qu’un outil : un laboratoire de cohérence génétique, où la patience et la précision dessinent l’avenir de l’abeille locale.

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