Publié le Laisser un commentaire

Agriculture de montagne : quand l’UE décide sans ceux qui vivent du terrain

Il faut appeler les choses par leur nom.
Ce que vivent aujourd’hui les agriculteurs de montagne n’est pas seulement une crise économique ou écologique.
C’est une crise de méthode politique.

Les décisions européennes qui s’imposent à l’agriculture — normes environnementales, conditionnalités de la PAC, calendriers de transition — sont prises sans véritable concertation structurée avec ceux qui les subissent, puis déversées dans les droits nationaux comme des évidences techniques.

La montagne en est la première victime.

Continuer la lecture de Agriculture de montagne : quand l’UE décide sans ceux qui vivent du terrain
Publié le Laisser un commentaire

Arista France et GDSA : partenaires nécessaires, mais pas interchangeables

La question d’un Arista France ne peut être posée sérieusement sans interroger son articulation avec les structures existantes. Parmi elles, les Groupements de Défense Sanitaire Apicole (GDSA) occupent une place centrale dans le paysage apicole français. Les ignorer serait irréaliste ; les instrumentaliser serait une erreur.

La vraie question n’est donc pas de savoir si Arista France devrait travailler avec les GDSA, mais comment, et sur quelles bases.

Continuer la lecture de Arista France et GDSA : partenaires nécessaires, mais pas interchangeables
Publié le Laisser un commentaire

Pourquoi créer un Arista France alors qu’Arista existe déjà en Belgique et aux Pays-Bas ?

La France est une anomalie apicole en Europe.
Non par la taille de son cheptel seulement, mais par la diversité exceptionnelle de ses territoires, de ses climats et de ses pratiques apicoles.

Du littoral atlantique aux vallées alpines, des plaines céréalières aux garrigues méditerranéennes, des miellées précoces du Sud aux printemps tardifs de montagne, l’abeille française n’habite pas un pays homogène, mais une mosaïque écologique unique. À cette diversité naturelle s’ajoutent des modèles apicoles tout aussi contrastés : transhumance longue ou sédentaire, exploitation professionnelle intensive ou pluriactivité enracinée, sélection empirique ou élevage structuré.

Dans un tel contexte, prétendre que des lignées sélectionnées ailleurs — aussi sérieusement que ce soit — pourraient répondre durablement à l’ensemble des réalités françaises relève d’une illusion technocratique.
La sélection du vivant ne s’importe pas clé en main. Elle se construit sur place, au contact du territoire, de ses contraintes et de ses rythmes.

C’est précisément cette singularité française qui justifie l’existence d’une structure nationale propre de sélection sanitaire et génétique. Non pour s’isoler, mais pour cesser de dépendre de modèles conçus pour d’autres contextes. Non pour rejeter la coopération européenne, mais pour y participer en tant qu’acteur à part entière, capable de produire, d’évaluer et de décider.

Créer un Arista France n’est donc pas un luxe ni un doublon.
C’est la reconnaissance d’un fait simple : on ne gouverne pas un vivant aussi divers depuis l’extérieur.

Continuer la lecture de Pourquoi créer un Arista France alors qu’Arista existe déjà en Belgique et aux Pays-Bas ?
Publié le Laisser un commentaire

MSA et apiculture : une solidarité sans droits ?

Il existe, en apiculture, des seuils qui ne figurent pas sur les ruchers mais qui pèsent lourdement sur les choix de celles et ceux qui vivent des abeilles.
Parmi eux, un chiffre revient avec insistance : 200 ruches.

Ce seuil ne correspond ni à une réalité biologique, ni à un optimum technique, ni même à une logique économique évidente.
Il est avant tout juridique et social.
Au-delà, l’apiculteur bascule pleinement dans le régime de la MSA, avec un niveau de cotisations sans commune mesure avec les droits sociaux attendus, notamment en matière de retraite.

Face à ce constat, de nombreux apiculteurs font un choix que l’on peut comprendre :
freiner volontairement le développement de leur exploitation, rester sous les seuils, et organiser eux-mêmes leur protection sociale et leur retraite.
Ce choix n’est ni marginal, ni irrationnel. Il est le produit d’un système de cotisations à seuils qui décourage la croissance plutôt qu’il ne la sécurise.

Derrière cette situation se cache une question plus profonde :
le régime social agricole appliqué à l’apiculture respecte-t-il encore les principes fondamentaux du droit social — contributivité, proportionnalité, égalité devant les charges publiques ?

Cet article propose une analyse juridique approfondie de ce malaise silencieux.
Il ne s’agit pas de contester la solidarité agricole, mais d’interroger un cadre normatif qui, à force d’angles morts, fragilise ceux qu’il est censé protéger.

Continuer la lecture de MSA et apiculture : une solidarité sans droits ?
Publié le Laisser un commentaire

Pourquoi trois ans ne suffisent pas : le véritable cycle d’une sélection apicole

L’idée d’un « protocole sur trois ans » séduit : c’est propre, maîtrisable, rassurant.
Mais la sélection génétique, la vraie, celle qui transforme une colonie prometteuse en une lignée fiable, n’obéit pas à la logique administrative. Elle obéit à la biologie.
Et la biologie, elle, prend son temps.

Trois ans, c’est le seuil d’entrée.
Un cycle complet, c’est autre chose.

Continuer la lecture de Pourquoi trois ans ne suffisent pas : le véritable cycle d’une sélection apicole