
Demander une visite sanitaire, c’est un peu comme appeler un guide en montagne : tout dépend de l’endroit où l’on se trouve, de la météo… et du guide lui-même.
Dans bien des départements, un apiculteur peut solliciter son GDSA pour qu’un Technicien Sanitaire Apicole — parfois épaulé par le vétérinaire conseil — vienne examiner ses colonies.
Mais les modalités varient largement d’un territoire à l’autre, selon la structure du groupement, son Plan Sanitaire d’Élevage (PSE), ses moyens humains et son organisation interne.
Et pour ne pas se perdre dans ce paysage parfois broussailleux, il faut commencer par distinguer trois réalités bien différentes :
la visite sanitaire obligatoire, la visite PSE1, et la visite à la demande.
1) La visite sanitaire obligatoire (DSV / DDPP)
C’est la visite financée par l’État, effectuée par un TSA agréé, selon un programme annuel défini par la DDPP.
Tu ne peux pas la demander :
➡️ tu es “tiré au sort” ou intégré au plan départemental.
Elle a lieu tous les 5 ans environ, parfois moins selon les départements.
2) La visite sanitaire dans le cadre du PSE (Plan Sanitaire d’Élevage)
C’est celle qui t’intéresse vraiment.
Si tu es adhérent au GDSA, tu peux demander une visite dans le cadre du PSE si :
- suspicion de loque,
- mortalités anormales,
- comportement étrange d’une colonie,
- problème d’intoxication possible,
- besoin de diagnostic varroa,
- besoin d’un avis “élevage” dans certains GDSA,
- ou simple besoin d’une visite-conseil.
Deux conditions importantes :
✔ 1. Être adhérent au GDSA
Pour ouvrir le droit à :
- intervention du TSA du groupement,
- coordination avec le vétérinaire conseil,
- prescription adaptée si nécessaire,
- entrée dans la boucle sanitaire officielle.
Sans adhésion, le GDSA n’a aucune obligation d’intervenir.
✔ 2. Que la visite corresponde au PSE
Le PSE définit :
- le type de visites,
- ce qui est couvert ou non,
- ce qui nécessite une prescription,
- les interventions financées ou non.
Dans la plupart des départements, une visite TSA “sanitaire” est gratuite ou très peu coûteuse pour l’adhérent.
3) La visite à la demande, hors suspicion sanitaire (conseil, élevage, technique)
Là encore, ça dépend des GDSA :
📌 Dans certains départements
Les TSA peuvent faire des visites-conseils ponctuelles (gratuite ou 20–30 € selon déplacement).
📌 Dans d’autres
Le TSA n’intervient que pour :
- loque américaine/européenne,
- mortalités massives,
- suspicion d’intoxication,
- varroose non maîtrisée,
- réactions anormales aux traitements.
Et pas pour :
- problèmes de conduite,
- nourrissement,
- élevage,
- sélection de reines,
- installation d’un rucher,
- choix de matériel,
- gestion du cheptel.
📌 Cas fréquents
Si tu veux une visite technique/élevage/génétique, certains TSA la font… d’autres non.
Chaque GDSA décide.
Comment faire concrètement pour demander une visite ?
- Tu contactes ton GDSA (mail ou téléphone).
- Tu expliques si c’est :
– une suspicion sanitaire,
– une mortalité,
– un problème de comportement,
– un simple besoin de conseil. - Le GDSA oriente vers :
– le TSA (dans 80 % des cas),
– le vétérinaire conseil si la situation est grave,
– ou t’indique que ce type de visite n’est pas couvert. - Le TSA te contacte pour fixer un rendez-vous.
- Un rapport de visite est souvent fait (selon le PSE).
- Le vétérinaire peut, si nécessaire :
– prescrire,
– recommander un traitement,
– demander une analyse.
Est-ce gratuit ?
Souvent oui, si :
- c’est dans le cadre du PSE,
- tu es adhérent,
- c’est une suspicion sanitaire réelle.
Ça peut être payant si :
- c’est une visite de confort,
- c’est hors PSE,
- c’est une demande “technique” non prévue dans la convention TSA.
Entre 0 € et 40 € selon les départements.
En résumé, sans fioritures :
- Oui, on peut demander une visite.
- Mais seul un adhérent GDSA entre pleinement dans la boucle “TSA + vétérinaire + PSE”.
- La visite n’est possible que si elle entre dans les missions définies par le GDSA.
- Une visite “simple conseil” est parfois possible, parfois non.
- En cas de loque, mortalités, varroa ingérable → urgence sanitaire = visite prioritaire.
FAQ – Visites sanitaires en apiculture : ce qu’un apiculteur doit vraiment savoir
1. Est-ce que je peux demander une visite sanitaire à mon GDSA ?
Oui, dans la plupart des départements.
Mais cela dépend :
- de l’organisation interne du GDSA,
- du Plan Sanitaire d’Élevage (PSE) en vigueur,
- des moyens disponibles (TSA, vétérinaire),
- des priorités sanitaires du moment.
Certains GDSA acceptent très facilement les visites à la demande ; d’autres sont plus stricts.
2. Faut-il être adhérent au GDSA pour obtenir une visite ?
Oui, dans 95 % des cas.
L’adhésion est la porte d’entrée vers :
- les visites TSA,
- la coordination avec le vétérinaire conseil,
- et le PSE.
Sans adhésion, rien ne garantit que le GDSA intervienne.
3. Quelle est la différence entre une visite sanitaire obligatoire et une visite à la demande?
Il existe trois types de visites :
● La visite sanitaire obligatoire (État / DDPP)
- Financée par l’État
- Réalisée par un TSA agréé
- Cyclique (environ tous les 5 ans)
- On ne la demande pas : on y est convoqué.
● La visite dans le cadre du PSE (Plan Sanitaire d’Élevage)
- Réservée aux adhérents
- Couvre les suspicions sanitaires (loque, mortalités massives, varroa non maîtrisé…)
- Peut être gratuite.
● La visite “à la demande” (hors suspicion)
- Selon les départements
- Parfois gratuite, parfois facturée (20–40 €)
- Peut concerner du conseil, de l’élevage, une conduite de ruche, etc.
4. Dans quels cas un GDSA envoie-t-il systématiquement un TSA ?
En général :
- suspicion de loque américaine ou européenne,
- mortalité importante,
- colonies très affaiblies sans cause visible,
- suspicion d’intoxication,
- varroa hors contrôle,
- réaction anormale à un traitement.
Dans ces cas, la visite est prioritaire.
5. Le vétérinaire du GDSA se déplace-t-il aussi ?
Oui, mais pas toujours.
Il intervient :
- lorsqu’un diagnostic nécessite une expertise vétérinaire,
- lorsqu’une prescription est indispensable,
- lorsqu’un risque épidémiologique est identifié,
- ou à la demande du TSA, si la situation le justifie.
6. Est-ce que la visite est gratuite ?
Cela varie selon :
- la nature de la visite (sanitaire vs. confort),
- ton GDSA,
- ton département,
- les financements disponibles.
Cas général :
- visite sanitaire liée au PSE → gratuite
- visite technique / conseil → parfois payante
7. Comment demander une visite ?
- Tu contactes ton GDSA (mail ou téléphone).
- Tu expliques précisément le problème.
- Le GDSA évalue si la visite entre dans le PSE ou non.
- Le TSA te recontacte pour fixer un rendez-vous.
8. Puis-je demander une visite juste “pour apprendre” ou montrer mon rucher ?
Cela dépend.
Certains GDSA acceptent des visites-conseils pédagogiques, d’autres non.
Beaucoup de TSA aiment transmettre et aider, mais ils doivent respecter un cadre défini par le PSE.
Pour les visites “élevage” ou “sélection”, certains GDSA les autorisent, d’autres les excluent explicitement.
9. Que se passe-t-il une fois le TSA sur place ?
En général :
- inspection visuelle du rucher,
- ouverture de colonies ciblées,
- vérification du couvain,
- évaluation sanitaire (varroa, viroses, loques),
- conseils adaptés à la situation,
- rédaction d’un rapport de visite (selon PSE),
- transmission au vétérinaire si nécessaire.
10. Puis-je refuser une visite ?
- Visite sanitaire obligatoire → non
- Visite GDSA/PSE → oui, mais cela te prive du suivi vétérinaire
- Visite à la demande → tu es à l’initiative, donc pas concerné
11. Est-ce que la visite entraîne une prescription ?
Uniquement si :
- un diagnostic l’exige,
- et que le vétérinaire du GDSA le confirme.
Le TSA ne prescrit pas : il observe, diagnostique et transmet.
12. Est-ce que la visite peut déclencher un signalement ou une déclaration obligatoire ?
Oui, si le TSA identifie :
- une loque,
- un Aethina tumida suspect,
- un danger sanitaire de catégorie 1 ou 2.
Il a obligation d’en informer la DDPP.
13. Une visite peut-elle déboucher sur un accompagnement à plus long terme ?
Oui.
Dans plusieurs départements, les TSA suivent :
- des ruchers à problème,
- des apiculteurs débutants,
- des ruchers sensibles (zones de fécondation, zones de cheptel important).
Mais ce n’est pas une obligation du GDSA : c’est une politique interne.
14. Pourquoi certains apiculteurs ne demandent jamais de visite ?
Par méconnaissance, par peur d’un signalement, ou parce qu’ils pensent “gérer seuls”.
Mais demander une visite, ce n’est pas invoquer l’État :
c’est activer une ressource sanitaire locale, souvent gratuite, toujours utile.
15. Quelle conclusion ?
Les visites sanitaires sont l’un des outils les plus précieux de l’apiculture moderne.
Elles apportent un regard externe, une expertise technique et vétérinaire, et permettent d’éviter des catastrophes — varroa hors contrôle, loque installée, mortalités inexpliquées.
Un apiculteur adhérent, bien suivi, est un apiculteur qui avance avec moins de risques.
- Visite sanitaire obligatoire / Visite PSE (Plan sanitaire d’élevage)
En droit rural, la notion de visite sanitaire obligatoire renvoie, de manière générale, aux dispositifs de surveillance et de prévention des dangers sanitaires organisés par l’autorité administrative sur le fondement des articles L.201-1 et suivants du Code rural et de la pêche maritime. Toutefois, en apiculture, aucun texte réglementaire en vigueur n’impose une visite sanitaire périodique systématique des ruchers applicable à l’ensemble des apiculteurs, indépendamment de leur adhésion à un dispositif collectif. À la différence d’autres filières d’élevage, l’apiculture ne connaît pas de contrôle sanitaire de routine obligatoire réalisé par un vétérinaire ou un technicien mandaté pour l’ensemble des détenteurs.
La visite PSE relève, quant à elle, d’une logique distincte : elle s’inscrit dans le cadre volontaire d’un Plan sanitaire d’élevage, généralement porté par un Groupement de défense sanitaire apicole (GDSA) et validé par l’administration. Cette visite, souvent qualifiée de « quinquennale » en apiculture, constitue une modalité du PSE et conditionne l’accès à certains médicaments vétérinaires, protocoles de soins ou dispositifs collectifs de prévention. Elle repose sur une relation contractuelle et collective entre l’apiculteur adhérent, le GDSA et le vétérinaire sanitaire, et ne peut être imposée aux apiculteurs non adhérents. En dehors de ce cadre, l’intervention d’un vétérinaire sanitaire ou d’un technicien sanitaire apicole ne peut résulter que d’une demande volontaire de l’apiculteur ou d’une mesure administrative exceptionnelle prise en réponse à un danger sanitaire identifié, et non d’une obligation générale de visite périodique. ↩︎




