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Dons apicoles sans écho : une solidarité passée sous silence

L’apiculture est une école de solidarité. On partage des savoirs, on s’entraide face aux maladies, on mutualise les efforts pour protéger nos ruchers. C’est dans cet esprit que j’ai voulu contribuer, lors d’une formation suivie dans le Cantal. Mais ce geste, pensé comme une évidence, n’a suscité aucun retour, pas même un simple mot de remerciement. Ce silence m’a conduit à réfléchir plus largement à la place de la reconnaissance et de la transparence dans nos associations apicoles.

Un geste qui allait de soi

Dans le cadre d’une formation de Technicien Sanitaire Apicole (TSA) organisée par la section apicole du GDS du Cantal, j’ai voulu apporter ma pierre à l’édifice…
La formation était bien menée et de qualité. J’ai simplement identifié quelques éléments qu’il me semblait pertinent d’ajouter afin de contribuer à améliorer l’accueil et la fonctionnalité :

  • l’absence d’un rucher école – au sein du GDSA-15 – qui a conduit les stagiaires à réaliser un transvasement sanitaire dans un rucher privé, avec le risque de perdre une reine,
  • le manque d’ouvrages techniques à disposition de la vétérinaire conseil, pourtant au cœur de la mission,
  • et jusque dans la salle de réunion, l’absence d’une machine à expresso, cet outil simple de convivialité qui instille l’émulation de groupe.

Il m’a semblé naturel de travailler sur ces points pour exprimer ma gratitude et renforcer la dynamique de groupe.


Ce qui a été offert

J’ai donc fait don de :

  • trois ruches complètes pour amorcer un rucher école indispensable,
  • deux ouvrages de référence (Maladies des abeilles de Samuel Boucher et Hérédité apiaire de Bernard Sauvager), destinés à enrichir la documentation du groupement et à soutenir la vétérinaire conseil, qui n’avait pas encore achevé son Diplôme Inter-Écoles (DIE),
  • une machine à expresso de qualité pour accueillir dignement stagiaires et intervenants — bref, une alternative radicale à la soupe caféinée habituelle.

Un ensemble représentant entre 600 et 700 euros, pensé pour servir durablement l’association et ses adhérents, tout en appuyant le travail de la vétérinaire conseil.


Le constat amer

À ma grande surprise, ces dons n’ont suscité aucun remerciement officiel, pas même officieux. Aucune mention en réunion, aucune reconnaissance publique, pas un mot. Ce silence laisse un goût amer — non parce qu’on donne pour recevoir, mais parce que, dans une structure collective, transparence et gratitude devraient aller de soi. J’en fus fort marri.

Ce silence m’a offensé. Non pas parce que j’attendais une reconnaissance personnelle ou des remerciements appuyés, mais parce que tout don, lorsqu’il s’inscrit dans une démarche associative, mérite au moins d’être reconnu et inscrit dans la mémoire collective. Ne rien dire, c’est nier le geste, comme si la solidarité pouvait être consommée sans jamais être honorée.


Pourquoi la reconnaissance est essentielle

Reconnaître un don, ce n’est pas flatter un ego. C’est :

  • valoriser l’esprit de solidarité qui fait vivre nos ruchers,
  • garantir la transparence associative en montrant que les apports rejoignent bien le patrimoine collectif,
  • encourager d’autres initiatives : à quoi bon offrir si les dons tombent dans l’oubli ou s’éloignent de leur destination première ?

Un simple mot, une mention dans un procès-verbal, une ligne dans un bulletin suffisent.


Conclusion ouverte

Ces dons, bien que modestes en apparence, étaient porteurs d’une valeur très concrète : améliorer l’accueil, l’équipement, la documentation et la convivialité lors des formations apicoles. Le silence qui a suivi n’efface pas l’importance du geste, mais il révèle une lacune dans la reconnaissance et la transparence associative — des principes clés pour la confiance entre apiculteurs.

Si vous voulez creuser plus loin ce qui touche à la reconnaissance officielle des dons, sachez que j’ai également écrit un article traitant du rescrit fiscal et de la déductibilité des dons réalisés aux GDSA. Cet autre texte met en lumière les leviers juridiques qui permettent aux donateurs et aux associations sanitaires d’agir dans un cadre légal favorable. Vous pouvez le découvrir ici : « Rescrit fiscal ou RUP : quels leviers juridiques et fiscaux pour les GDSA et la FNOSAD ? ».

En fin de compte, valoriser ces gestes — par un mot de remerciement, une mention dans un rapport ou une simple trace écrite — ne coûte presque rien, mais peut rapporter beaucoup à la solidarité apicole. Continuons à cultiver cette reconnaissance, pour que chaque don trouve sa place et garde tout son sens.


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