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Tests Pin, VSH et SMR : trois outils pour sélectionner des abeilles résistantes au varroa

Trois approches pour sélectionner des abeilles résistantes

Face au varroa, la sélection génétique devient une priorité. Pour cela, trois tests permettent d’évaluer différentes formes de résistance ou d’hygiène chez l’abeille : le Pin-test, le test VSH et le test SMR. Souvent confondus, ils reposent pourtant sur des principes très différents.


1. Le Pin-test : rapide mais non spécifique

Le Pin-test1 (ou test de l’épingle) est un test d’hygiène général. Il consiste à percer une rangée de cellules operculées avec une fine aiguille pour simuler une anomalie dans le couvain.

➕ Avantages :

  • Simple et rapide à réaliser,
  • Reproductible et standardisable.

➖ Limites :

  • Il ne mesure pas spécifiquement la réponse au varroa,
  • Les résultats peuvent être biaisés par la manipulation ou le stade larvaire.

2. Le test VSH : une réponse ciblée contre le varroa

Le test VSH (Varroa Sensitive Hygiene) consiste à observer si les abeilles sont capables de détecter et désoperculer les cellules réellement infestées par le varroa, notamment au stade des nymphes aux yeux violets.

➕ Avantages :

  • Mesure une capacité réelle à détecter et éliminer le varroa,
  • Reflète un comportement hygiénique spécifique.

➖ Limites :

  • Dépend du taux d’infestation du couvain,
  • Nécessite une observation attentive et répétée.

3. Le test SMR : observer l’échec de reproduction du varroa

Le test SMR2 (Suppressed Mite Reproduction) ne s’appuie pas sur le comportement des abeilles, mais sur une résistance passive : certaines lignées permettent moins de reproduction du varroa dans les cellules de couvain operculé.

➕ Avantages :

  • Mesure directe de la réduction de descendance du parasite,
  • Peut révéler des lignées naturellement tolérantes.

➖ Limites :

  • Très technique,
  • Long à mettre en œuvre (analyse de cellules une à une, à la loupe).

Comparatif synthétique

CritèrePin-testTest VSHTest SMR
Type de testSimulation d’anomalieObservation réelleObservation de reproduction du varroa
Spécificité varroaNonOuiOui
Stade observéCouvain operculéNymphes yeux violetsCouvain operculé avec varroas
Facilité de mise en œuvre★★★★★★★★☆☆★☆☆☆☆
Utilisation recommandéeDépistage rapideSélection génétique fineConfirmation de résistance passive

Conclusion : des tests complémentaires

Ces trois tests ne s’opposent pas : ils se complètent.

  • Le Pin-test est utile pour un tri initial,
  • Le test VSH affine la sélection comportementale,
  • Le test SMR confirme une tolérance biologique plus profonde3.

👉 Pour une sélection généalogique rigoureuse, intégrer au moins deux de ces méthodes est recommandé.


  1. Le pin-test, ou test de l’épingle, consiste à percer environ 100 cellules operculées avec une aiguille fine, afin de simuler une anomalie dans le couvain (mort, infection, stress cellulaire). Cette perturbation doit déclencher un comportement hygiénique de la part des ouvrières, qui vont désoperculer et nettoyer les cellules concernées.
    Bien que le test ne requière pas formellement de tuer la larve, en pratique, la plupart des piqûres atteignent ou blessent la nymphe, provoquant sa mort. Ce n’est toutefois pas indispensable : ce qui compte, c’est que la cellule présente un signal d’alerte suffisant pour provoquer une réaction. Le taux de nettoyage en 24 ou 48 heures est ensuite noté, et utilisé pour évaluer la sensibilité hygiénique de la colonie. ↩︎
  2. Le test SMR (Suppressed Mite Reproduction) vise à mesurer la capacité d’une colonie à perturber le cycle reproductif du varroa dans le couvain. Pour cela, on prélève un échantillon de couvain operculé (souvent au stade nymphe à yeux violets) et on ouvre manuellement une centaine de cellules. Dans chaque cellule infestée, on observe si le varroa femelle fondatrice a pu engendrer des descendants viables (au moins un mâle et une femelle mature). Si la reproduction est interrompue ou incomplète, on considère que la colonie présente un comportement SMR. Le pourcentage de cellules infestées sans descendance viable constitue le score SMR. Ce test est plus précis que le simple comptage de varroas, car il évalue l’efficacité biologique de la résistance, et non la seule infestation. ↩︎
  3. Le comportement SMR (« Suppressed Mite Reproduction ») désigne une capacité héréditaire de certaines colonies à perturber le cycle reproductif du varroa dans les cellules de couvain operculé. Dans ces colonies, les varroas présents pondent moins ou ne parviennent pas à produire une descendance viable (notamment l’absence de mâles nécessaires à la fécondation des femelles). Ce phénomène, encore mal élucidé, semble lié à des interactions physiologiques entre l’abeille et le parasite, sans intervention active des ouvrières comme dans le comportement VSH. ↩︎

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