
Sorti en 2012, le film Des abeilles et des hommes (More than Honey), réalisé par Markus Imhoof, reste l’un des documentaires les plus marquants sur l’avenir des abeilles. Bien plus qu’un simple récit apicole, ce film invite à réfléchir aux liens profonds entre l’humanité et l’abeille. Il montre sans détour les dérives de l’agriculture intensive, les pratiques apicoles industrielles et les menaces qui pèsent sur les colonies.
Ce documentaire a connu un large succès international, devenant même le film suisse le plus vu en 2012, et a remporté de nombreuses récompenses. Mais au-delà des prix, c’est surtout l’onde de choc qu’il a provoquée dans le monde apicole et agricole qui mérite d’être soulignée.
Synopsis : un tour du monde des abeilles en crise
Le film alterne des séquences spectaculaires tournées en Europe, aux États-Unis, en Chine et en Australie. Grâce à des techniques inédites de prise de vue à l’intérieur de la ruche, le spectateur plonge dans l’intimité de la colonie.
Quelques séquences marquantes :
- La Californie : l’apiculture industrielle au service de la pollinisation des amandiers, avec des millions de ruches déplacées chaque année, nourries au sirop vitaminé et épuisées par des traitements chimiques.
- La Chine : une province où la pollinisation se fait… à la main, faute d’abeilles, illustrant les conséquences extrêmes de l’appauvrissement de la biodiversité.
- La Suisse : une apiculture plus respectueuse, mais confrontée elle aussi à la sélection artificielle et aux dérives de la domestication des abeilles.
- L’Arizona : un apiculteur anticonformiste mise sur les “abeilles tueuses” africanisées, plus sauvages mais aussi plus résistantes.
Le documentaire se garde de donner des réponses simplistes : il pose plutôt une question fondamentale. Jusqu’où peut-on exploiter les abeilles sans mettre en péril leur survie – et la nôtre ?
Une réflexion sur l’homme et la nature
La narration (en français par Charles Berling) accompagne le spectateur dans une réflexion philosophique : l’histoire de l’abeille est aussi celle de notre rapport à la nature.
- L’abeille, pilier de la pollinisation, conditionne directement notre agriculture.
- Son affaiblissement révèle les limites de la monoculture et de l’agrochimie.
- Les contradictions de l’apiculture industrielle, qui fragilise l’espèce en la standardisant, rappellent les excès de la domestication humaine.
En filigrane, le film souligne que les abeilles sont un superorganisme, dont la survie dépend de l’équilibre collectif. Leur déclin est un miroir de nos propres excès.
Réception et remous
Des abeilles et des hommes a connu un retentissement médiatique fort :
- Les apiculteurs y ont vu une reconnaissance de leurs inquiétudes, mais certains ont critiqué une vision trop dramatique de la situation.
- Les milieux agricoles et industriels ont été interpellés par la dénonciation implicite de l’agriculture chimique et intensive.
- Le grand public a pris conscience que la disparition des abeilles n’était pas une fable écologique, mais une menace réelle et mondiale.
Ce film a contribué à nourrir le débat sur le syndrome d’effondrement des colonies (CCD) et sur la nécessité de repenser nos systèmes agricoles.
Conclusion : un film à (re)voir absolument
Avec ses images sublimes et son propos sans concession, Des abeilles et des hommes reste un documentaire incontournable pour quiconque s’intéresse à l’avenir des abeilles et, plus largement, à celui de notre planète.
🎬 À voir ou revoir : ce film n’est pas seulement une œuvre pédagogique, c’est aussi un appel à la responsabilité collective. Les abeilles sont plus que du miel : elles sont un pilier de notre sécurité alimentaire et de notre équilibre écologique.




